Âme et nagement

Naviguer de telle ou telle façon se dit nagement. Je vois ce “nagement” comme le fait de devoir nager sans avoir le choix, sans ménagement, en suivant les consignes, les flèches, la route balisée ; en s’adaptant de manière obligatoire. Contrairement à la nage où l’on est libre de brasser ce que l’on veut, ce qui vient à soi, ce qu’on laisse venir à soi.

La réflexion du jour se situe entre la crainte de perdre son âme – ou plutôt la volonté de garder son âme intacte – et la confrontation physique à laquelle l’environnement sociétal – urbanisé jusque sur les côtes – nous place, au nom du développement : le mot-clé qui pertube allégrement les âmes sensibles est, vous l’aurez deviné, aménagement.

 

L’aménagement ne part jamais d’un bon sentiment
Contrairement à l’argumentaire qui l’accompagne.
L’animal, le végétal et le minéral n’ont cure du confort
Des olibrius compétiteurs assoiffés d’épargne.

Promesse désenchantée sur le chemin de chaque été
Où la laideur surnage de bien des manières.
Adieu nature, le touriste fier de ses œillères
Jouit toujours de ce qui le rassure : sa trace crottée.