Ère désablée

 

 

Je sais que le désert m’attend
Car mes grains de peau
Sont comme des briques ensablées.

De poussière en gouttes,
Le mouvement du souvenir
Choisit la vague
Qui vient à sa rencontre.
La confiance devient incontournable
En rentrant au port.

 

Des files de défis
Des deals de fidélité,
Le chat file à l’Anglaise
Car il a tout compris.

Des dévots
Pleins de dévotion
Pour leur vie vile,
Votent comme des veaux.
Vapeur sur la ville.

Le cortex aime la zizanie
Qui sème tant de dénis ;
Devant le bout du bout,
Gagner une résurrection
En poudre insoluble.

Sur ce pont Mirabeau
Soudain
Celan.
L’émotion gouverne
Sans questions.
Les cris de l’écrit
Ne s’entendent
Qu’au repos.
Arrêt de l’imbu.

Anthropomorphisme
En quête de supériorité.
Se rassurer.
Mais la nuit limpide
Permet de s’asseoir
Sur son cul,
Seul destin de l’intrépide.



 

Assoiffée de silence,
La sandale du sage soulève
Des particules individuelles
Qui transforment
Le mal volontaire
En acceptation.





Désabler la pensée
Vouée au sacrifice
De la limite ;
Loué soit le vortex
Nourri de bulles
Qui savent ce que rêver
À la pleine lune
Veut vraiment dire.
Rien.



Dans les starting-blocks
Il n’y a ni début ni fin,
Ni endroit, ni envers.





Au détour du néant,
Ma mémoire prend la forme
Du bambou.


1966.

Ère désablée © 2006
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