Li Po l’impoli

Va vers toi
Comme l’indocile s’habille de soie.
À l’heure ou le verbe et la plume habiles
Se couchent dans le ravin de la solitude.

Le vent du matin est emprunt de petites rafales nerveuses et fugaces.
Le vent de l’après-midi, réveillé par le changement de marée, se veut plus intense, plus ferme.
Celui du soir vous enveloppe de sa respiration pleine d’espoir ; il arrive doucement comme pour chasser les pensées inutiles et bercer les rêves.

Mais pour toi mon Li Po,
Le vent de la poésie ne montre aucune direction.
S’asseoir et boire les paroles amicales
Revient à faire traduire son âme
Par les brumes sensibles du vivant animal.

À la baille Li Bai !
Les passants te regardent depuis la rive.
Attendant que tu leur tires les vers du néant.