La nature oxygénée

  Oiseaux de toutes volées Entendez-vous le vent ? Ce printemps de liberté Lève votre confinement. La Nature configurée Se dégourdit de son sort Plein soleil, plein air, Reconquêtes au carré. Parenthèse éphémère Profitez, profitez ! Tant que le con fini se terre Décapant sa réalité. Ô Nature oxygénée, Ton âme impératrice Tout en naïveté…

Jim en rimes

“Notre chaos culturel est dominé par la conviction que parler, c’est penser.” Jim Harrison (11 déc. 1937 – 26 mars 2016) Il y a quatre printemps, Jim posa sa plume et ses rêves. Jim n’avait cure du temps, Il décrivait la nature et sa sève. Il y a douze pleines lunes La plaine murmura au…

Akhmatova aka Gorenko

  Je suis née en janvier 1966. Anna Akhmatova a quitté ce monde en mars 1966. Anna (Andreïevna) Gorenko de son vrai nom a trouvé toute sa place parmi les poètes russes. Étouffée sous Staline, son œuvre fut réhabilitée à partir des années 50 et diffusée mondialement. Par principe, je n’aime guère l’idée d’être enfermée…

Le virus de la poésie

  Loin de la pesanteur J’en appelle au rêve Sans termes au mètre, Intouchable De pied en cap. Propager l’apesanteur Comme un virus Sans prétention L’art entremetteur, La poésie pour tout remède.  

Allwright was right

  Crème de vers atypiques, Greame, couleur soupape. Coucou Moulou, on est quitte Aux prises avec l’oubli. Le long des rides humanistes Creusées par tant d’affronts Aux portes des rêves utopistes Le son du sel coule silencieux.   Parmi les poètes-chanteurs, on cite peu Jean-Louis Bergère. Le discret observe les moutons. Encore faut-il savoir entendre…

L’essence de la beauté

La beauté est affaire de cœur, Affaire de toute vie, De la naissance de la question Au rêve le plus tangible. La laideur est affaire d’indécence, Seule affaire des hommes, De leur angoisse du Je Au partage de l’inconscience. La beauté se pose au-delà, Dans le mystère de son essence ; Elle se qualifie à…

Le tournis de la terre

  La Terre n’a pour vocation Que d’avoir été envoutée Au rythme de révolutions. Vortex auto-enfanté Sans repères feintés. La pulsation du Vivant Engendre le tournis, Car le temps d’ici N’a pas d’horaires. Le cosmos a-t-il une âme ? Se demande le mandala Attendant le souffle du hasard, Quand le soleil fatigué Aura rangé sa…

Sous le caillou le chaos

  La vérité, gênée aux entournures, cherche la paix de l’esprit complice. Le vœu pressant indispose l’âme pure Au front marqué d’interstices. Silence du caillou enfoui dans le sable léger comme le regard détourné. Vies et survies s’abritent et s’entrechoquent dans les méandres de l’invisible et du répétitif. Comme une épidémie d’instincts que bouscule le…

Kamikaze en moins

  Cette espèce m’arrache l’aveu D’un refus d’appartenance, Prisonnière du corps et de l’esprit Au déni à demi consommé. Ballottée comme un cerneau de conscience, Vomissant le hasard d’un grain de riz Confiné dans la norme échappatoire. Ô kamikazes du vivant, sans limites, Sans recul ni vision de votre finitude, Écartez-moi de toute ressemblance Et…

Parangon de parasite

  Le parasite colonisateur a repeint La terre sous toutes les coutures, Marqué la boule à zéro De son ego triomphant. Passe ton chemin, Univers La loi du Talion a dégénéré. Le vide résonne, fébrile Bouché par des intentions viles. L’odorat quitte l’élixir À l’aube du devenir. La division fausse la route Du parasite dépourvu…

Retour aux sources

Pour célébrer l’hiver entamé, un modeste retour aux fondamentaux en forme de boucle. Dès l’enfance, les mots m’ont servi à imager ce que mon esprit découvrait de la vie, ses visions, questionnements et ressentis. C’est avec surprise et sourire que j’ai retrouvé ce petit texte choisi par les fondateurs du second numéro annuel, édition 1975,…

Poésie intemporelle

Pour terminer l’année, je butine en me souvenant que le poète Sergio Solmi a écrit : “En poésie, on peut tout faire avec tout.” Voilà qui habille l’espoir du lendemain, rêvé la veille au soir. Sous l’humidité des peurs l’humus résiste, insensible au temps qui passe pour les trop-pressés. Sous la chaleur du soleil imposant,…

Quand Paris Rosnay

  À Marcelle, Le 19 décembre 2009, partait en voyage le poète Jean-Pierre Rosnay, figure de proue et fondateur du Club des Poètes. Dix ans déjà que les souvenirs respirent sa présence rue de Bourgogne, relayés par l’indéfectible sourire de Marcelle Rosnay, accompagnée du discret Blaise. J’aime beaucoup Rafales (1950). Mais c’est Fragment et Relief…

La lumière diffuse le mot…

…à moins que ce ne soit l’inverse. Le Lamparo est un cahier de poésie édité chaque été de 1979 à 1981. Le premier cahier a été imprimé à 350 exemplaires. Le numéroté 232, entre mes mains ce matin, me rappelle que la poésie n’a pas d’âge. Ni frontière, ni temps et surtout pas de case….

Paradis parallaxe

  Dans les cratères d’une mémoire éfilochée Virevoltent les couleurs d’un ancien monde. Quand les fleuves couraient librement Quand les arbres dansaient, insouciants Quand les lombrics travaillaient en silence. Dans le temps qui trouble les miroirs Le paradis a laissé une odeur de mirage Emboîtant le parallaxe du souvenir Aux illusions perverties. Ce soir il…

Le nectar de Char

Vous allez penser que j’insiste. Il se trouve que René Char est l’un de mes poètes préférés – parmi tous ceux que j’ai pu lire. Il n’est bien sûr pas le seul à trôner dans le haut de mon panier… Mais comment résister à ce petit livre bien rangé dans ma cuisine, passant inaperçu au…

De la constance du cirque

  Au cœur des circonstances, de la cupidité convenue, le courage peut crever, le cirque a liquidé les rêves dissonants. Constance du système quand les cavaleries contrent les circus redécorés dévorés de contradictions. Les mèmes de serpentines aux comptines en continu recouvrent les concerts, l’incuriosité s’acquitte de l’ambiance. Depuis les gradins le poète observe les…