Errantes particules

  Le Tao dessine en silence Les chemins de l’invisible Appréciant la rondeur lunaire À chaque ère de sa quête. Dans le bon sens chaotique Les particules errent en tête Rassurant les libations de l’âme. Le tao ne s’étudie pas, il se vit.   “La seule façon d’accomplir, est d’être.“ Lao Tseu

Bulle d’air de l’ermite

  Le mythe de l’ermite est tenace sa bulle est sa maison son bol d’air de raison, loin du fracas qui fracasse son écho contre les pavillons. L’air de l’ère ambiante pervertit toute nature plaçant l’ermite poète dans une posture d’attente, protection et observation des épaves en devenir.   Peinture : monotypie de © Christophe…

Au chaud avec Osho

Demain l’été ; voici de quoi méditer : OSHO : ÊTRE LIBRE, C’EST ÊTRE REBELLE ” Un rebelle est celui qui ne réagit pas contre la société. Il observe, comprend tout le manège et décide simplement de ne pas en faire partie. Il n’est pas contre la société, il est plutôt indifférent à ce qui…

L’âge du mitage

  Poussez poussez l’escarre, Les champignons priés D’aller vivre ailleurs. Dans l’antre de l’ère dollarisée, L’ensemble crie chacun chez soi. Au bord du bois entaillé, La pelouse bientôt en béton Renvoie l’écho du néant. Mitage à tous les étages, Sur les anciens silos, les lotis Terrassés par l’oubli, Encombrés des normes De l’ère précipice. Faux-semblant….

Que les chemins de terre

  Que j’aime la terre Que j’aime les chemins Que j’aime les chemins de terre Qui savent où ils vont. Pleins ou creux, Poussiéreux, boueux, Que d’âmes encombrées Les foulent incidemment. Depuis la nuit des temps. J’aime les chemins de terre Leur silence, leur destin, Leurs bosses, leurs cicatrices Racines. Des milliards de sentiers Hier,…

Complexe, tout simplement

  Étrange dimanche, où les sujets s’accumulent alors que dehors cogne un petit coup de tabac. Je suis à l’abri, mais… Mais comment choisir de quoi parler ? De Michel Le Bris, parti trop tôt en janvier dernier et à qui le festival des Étonnants Voyageurs, virtuellement actif en ce mois de mai, rend hommage,…

Guillevic par les criques

En évoquant son Carnac, Guillevic Bêche la terre brute et tranquille en Monologue mozaïque, dont la sobriété Rejoint la retenue des rêveurs. Une poésie brodée de sensibilité, De vasière couleur bruyère De ciels gris en peau de sable. Des mots rugueux au gré des jours, Sous le varech, ensevelis Par des marées contrariées et Des…

Asperger for ever

  Sans la foule …..Sens la vie Sans le bruit …..Sens le murmure Sans le faux …..Sens le cerveau Sans les codes …..Sens l’ode

Horizons dépouillés

  Par l’orifice du doute, les pensées serpentent Chapelet de souvenirs qui se figent Dans l’attente. Horizons aux aguets, sans volte-face Le regard à genoux, implorant Le renouveau. Le temps jamais ne prend au dépourvu Sous la lune, les galets respirent Le calme. Marée descendante. Les rêves aussi déchalent.  

Le silence des souvenirs

  Foulée et refoulée, la Nature n’a plus rien de naturel Les décennies s’enfilent, marquées par le déni. Encore combien de mots dans le cri du soir Silencieux, comme le souvenir. Le touriste repu de sa journée superficielle Laisse dans son dos des oiseaux sans voix. Seule la nuit soudain se souvient De l’instant des…

L’audace de l’aigle et la prudence du loup

  L’air de la plaine enivrerait Jim. Mais soudain le silence, Aussi poreux que les abîmes. Le doute plane, la confiance Est passagère de l’instant. Canis Lupus, prend garde au pygargue Qui te nargue hors pleine lune. Parce que ton intransigeance est un risque Conserve ta prudence opportune !   Quelques années avant de s’en…

Tang qu’il y aura des poètes…

Encore une fois, merci à France Culture de nous adoucir l’ouïe avec des invités sensibles, qui fait qu’aujourd’hui, je suis heureuse d’aborder une émotion partagée : celle que décrit J. M. G. Le Clézio dans l’émission “À la poursuite du vers parfait“, à propos de son dernier ouvrage paru en novembre de cette étrange année…

Le dégoût de l’égo

Depuis plus de dix ans, les réseaux ruissellent d’égos dans un flux éphémère où chaque mot revient à parler de soi. Répondre, commenter, approuver, féliciter, autant de clics cachant l’espoir d’être remarqué. Se sentir exister à travers un petit cœur par-ci, un petit coup de gueule par-là. Vouloir à tout prix être aimé, partager son…

Automne civilisationnel

  L’impermanence est permanente, Mais le déni subsiste comme une toile Soigneusement verouillée. Dans l’entre-temps qui rampe, Les méninges se voilent Comme une mémoire souillée. Alors la peur s’approche, Les consciences se retournent Comme un bain de repentance. Voilà que tonne la fin de l’insouciance. L’Automne s’en sortira. La lune y veille déjà.

Née nuisible

Voyant récemment passée l’information selon laquelle des “élus” ont émis l’idée d’ajouter le chat dans la liste déjà sidérante des animaux “nuisibles”, j’ai d’abord cru à une blague, à un fake comme on en voit tant passer. Que nenni. Or, même s’il ne s’agit que de trois députés et si l’amendement vient d’être rejeté (encore…

L’élégance de l’exigence

Loin de tout conformisme, l’attitude d’un individu s’accroche d’abord à sa première nature, modelée par son environnement, son éducation, son expérience. La vérité est une peinture. Laissons-là prendre le dessus, de façon naturelle. L’élégance ne s’explique pas. Ce n’est pas une intention ; juste un état involontaire. L’élégance ne s’explique pas. Ce n’est pas un…

Une Chine des poètes entre monts et démons

“Que la Chine des poètes revive” est le titre du rêve que l’on a envie de faire à chaque lune. Dans un précédent post, j’évoquais Li Po (Li Bai), rêveur et poète d’une Chine de son époque, certes pas facile, mais différente de celle de Liao Yiwu. Liao Yiwu : quand comprendrez-vous à qui vous…

Hàn et plus

L’été s’est écoulé aussi vite qu’une note de flûte en bambou. Des disparitions l’ont parsemé ; mais il en est une qui est passée plutôt inaperçue : celle de la poètesse Françoise Hàn, au tout début de juillet. Évidemment peu connue sinon d’une sphère de passionnés de poésie, Hàn était âgée de 92 ans révolus….

Stendhal’s syndrom

No need to set foot on Italian soil, A look of an evening brings me joy. Just a vision, a moment and an haïku. To transcend all in you. My breath is suddenly hard I then cling to what comes: A wall, a sheet, my forehead A bottom of a glass. Sources : moundarren.com/livre/le-peintre-et-le-poete/ franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/variations-sur-la-beaute-4-le-syndrome-de-stendhal

Chiyo Ni, l’affranchie

Certains connaissent mon amour pour Li Po, le si sensible trublion de Chine. Or au Japon, malgré l’indécrottable Bashō loué de tous, une “disciple” a réussi discrètement à trouver la voie, sans la suffisance… Le sel rassure nos sens. Illumine nos papilles. Mais au rythme de la facilité, le confort nuit. Il se trouve une…

La transe du non-silence

Hier samedi, était paraît-il un jour de transhumence pour congés payés. Je l’ai ressenti par un silence unique en son genre, bizarre, un peu entre-deux. Car habituellement, force est de constater – d’ouïr surtout – que le fait de manifester son Moi est une coutume incessante des mes congénères, sauf quand ils dorment (hormis les…

Qui dort badine

Hier matin, samedi, j’écoutais l’émission d’Aurélie Luneau sur France Culture “De causes à effets“, laquelle interviewait Coline Serreau, qu’on ne présente plus, et le dessinateur belge Pierre Kroll ; tous deux invités à mettre en avant l’engagement de certains artistes envers le sort de la planète, via leurs créations – toujours au vu du comportement…

Quelle joie que Harjo

Joy Harjo n’est pas si connue de ce côté-ci de l’Atlantique. Trouver sa place plusieurs décennies après la tragédie est encore et toujours une gageure pour tout Améridien. La poésie de Harjo est aujourd’hui reconnue aux États-Unis. Un de ses poèmes que je préfère est celui de l’aigle, qu’elle a écrit en 1990 : eagle…

Temps inexistant

  Le temps n’a jamais existé, Le vide n’a pas de sens. Laissons notre illusion Dessiner un tango En sa présence. Le temps n’existe pas. Ce hasard avide Que nous croisons Dans son infinie Subjectivité. Le temps est la mesure Qu’on lui attribue, Celle qui rassure Le sursis du Moi D’une vie sans raison. Le…

Dégommer les illusions

Hier matin, samedi, j’écoutais l’émission d’Aurélie Luneau sur France Culture “De causes à effets“, laquelle interviewait le biologiste Gilles Bœuf, et le “cequevousvoulez” Érik Orsenna pour échanger sur la question de la pollution par le plastique, bref, sur le comportement des sapiens sapiens. Un échange qui va bien plus loin dans la réflexion ; et…