Le silence des souvenirs

  Foulée et refoulée, la Nature n’a plus rien de naturel Les décennies s’enfilent, marquées par le déni. Encore combien de mots dans le cri du soir Silencieux, comme le souvenir. Le touriste repu de sa journée superficielle Laisse dans son dos des oiseaux sans voix. Seule la nuit soudain se souvient De l’instant des…

L’audace de l’aigle et la prudence du loup

  L’air de la plaine enivrerait Jim. Mais soudain le silence, Aussi poreux que les abîmes. Le doute plane, la confiance Est passagère de l’instant. Canis Lupus, prend garde au pygargue Qui te nargue hors pleine lune. Parce que ton intransigeance est un risque Conserve ta prudence opportune ! Quelques années avant de s’en aller…

Tang qu’il y aura des poètes…

Encore une fois, merci à France Culture de nous adoucir l’ouïe avec des invités sensibles, qui fait qu’aujourd’hui, je suis heureuse d’aborder une émotion partagée : celle que décrit J. M. G. Le Clézio dans l’émission “À la poursuite du vers parfait“, à propos de son dernier ouvrage paru en novembre de cette étrange année…

Le dégoût de l’égo

Depuis plus de dix ans, les réseaux ruissellent d’égos dans un flux éphémère où chaque mot revient à parler de soi. Répondre, commenter, approuver, féliciter, autant de clics cachant l’espoir d’être remarqué. Se sentir exister à travers un petit cœur par-ci, un petit coup de gueule par-là. Vouloir à tout prix être aimé, partager son…

Automne civilisationnel

  L’impermanence est permanente, Mais le déni subsiste comme une toile Soigneusement verouillée. Dans l’entre-temps qui rampe, Les méninges se voilent Comme une mémoire souillée. Alors la peur s’approche, Les consciences se retournent Comme un bain de repentance. Voilà que tonne la fin de l’insouciance. L’Automne s’en sortira. La lune y veille déjà.

Née nuisible

Voyant récemment passée l’information selon laquelle des “élus” ont émis l’idée d’ajouter le chat dans la liste déjà sidérante des animaux “nuisibles”, j’ai d’abord cru à une blague, à un fake comme on en voit tant passer. Que nenni. Or, même s’il ne s’agit que de trois députés et si l’amendement vient d’être rejeté (encore…

L’élégance de l’exigence

Loin de tout conformisme, l’attitude d’un individu s’accroche d’abord à sa première nature, modelé par son environnement, son éducation, son expérience. La vérité est une peinture. Laissons-là prendre le dessus, de façon naturelle. L’élégance ne s’explique pas. Ce n’est pas une intention ; juste un état involontaire. L’élégance ne s’explique pas. Ce n’est pas un…

Une Chine des poètes entre monts et démons

“Que la Chine des poètes revive” est le titre du rêve que l’on a envie de faire à chaque lune. Dans un précédent post, j’évoquais Li Po (Li Bai), rêveur et poète d’une Chine de son époque, certes pas facile, mais différente de celle de Liao Yiwu. Liao Yiwu : quand comprendrez-vous à qui vous…

Hàn et plus

L’été s’est écoulé aussi vite qu’une note de flûte en bambou. Des disparitions l’ont parsemé ; mais il en est une qui est passée plutôt inaperçue : celle de la poètesse Françoise Hàn, au tout début de juillet. Évidemment peu connue sinon d’une sphère de passionnés de poésie, Hàn était âgée de 92 ans révolus….

Stendhal’s syndrom

No need to set foot on Italian soil, A look of an evening brings me joy. Just a vision, a moment and an haïku. To transcend all in you. My breath is suddenly hard I then cling to what comes: A wall, a sheet, my forehead A bottom of a glass. Sources : moundarren.com/livre/le-peintre-et-le-poete/ franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/variations-sur-la-beaute-4-le-syndrome-de-stendhal

Chiyo Ni, l’affranchie

Certains connaissent mon amour pour Li Po, le si sensible trublion de Chine. Or au Japon, malgré l’indécrottable Bashō loué de tous, une “disciple” a réussi discrètement à trouver la voie, sans la suffisance… Le sel rassure nos sens. Illumine nos papilles. Mais au rythme de la facilité, le confort nuit. Il se trouve une…

La transe du non-silence

Hier samedi, était paraît-il un jour de transhumence pour congés payés. Je l’ai ressenti par un silence unique en son genre, bizarre, un peu entre-deux. Car habituellement, force est de constater – d’ouïr surtout – que le fait de manifester son Moi est une coutume incessante des mes congénères, sauf quand ils dorment (hormis les…

Qui dort badine

Hier matin, samedi, j’écoutais l’émission d’Aurélie Luneau sur France Culture “De causes à effets“, laquelle interviewait Coline Serreau, qu’on ne présente plus, et le dessinateur belge Pierre Kroll ; tous deux invités à mettre en avant l’engagement de certains artistes envers le sort de la planète, via leurs créations – toujours au vu du comportement…

Quelle joie que Harjo

Joy Harjo n’est pas si connue de ce côté-ci de l’Atlantique. Trouver sa place plusieurs décennies après la tragédie est encore et toujours une gageure pour tout Améridien. La poésie de Harjo est aujourd’hui reconnue aux États-Unis. Un de ses poèmes que je préfère est celui de l’aigle, qu’elle a écrit en 1990 : eagle…

Temps inexistant

  Le temps n’a jamais existé, Le vide n’a pas de sens. Laissons notre illusion Dessiner un tango En sa présence. Le temps n’existe pas. Ce hasard avide Que nous croisons Dans son infinie Subjectivité. Le temps est la mesure Qu’on lui attribue, Celle qui rassure Le sursis du Moi D’une vie sans raison. Le…

Dégommer les illusions

Hier matin, samedi, j’écoutais l’émission d’Aurélie Luneau sur France Culture “De causes à effets“, laquelle interviewait le biologiste Gilles Bœuf, et le “cequevousvoulez” Érik Orsenna pour échanger sur la question de la pollution par le plastique, bref, sur le comportement des sapiens sapiens. Un échange qui va bien plus loin dans la réflexion ; et…

Gommer les désillusions

Hier matin, samedi, j’écoutais l’émission d’Aurélie Luneau sur France Culture “De causes à effets“, laquelle interviewait Jeremy Rifkin, connu pour ses nombreux livres sur la question de la planète, du “changement”, du climat, du vert plus vert, avec un peu d’économie quand même, bref, sur la situation actuelle des sapiens sapiens et de leur avenir…

Chögyam dans l’âme

Chögyam Trungpa se posait, nous posait, posait mille questions. Mais toujours revenait à l’essentiel. Accepter ce qui vient, Comme ÇA vient. Cela me fait penser au rappel de soi de Gurdjieff aux fins (éventuelles) d’obtenir un éveil de sa (toujours éventuelle) conscience. Mais si, chez Trungpa, l’étude et l’intention furent sérieuses, sa philosophie de la…

RésistanceS

“La résistance poétique est intransigeante. Elle se dessine au scalpel. Elle est rigoureuse et pointilleuse. Elle cherche à connaître et à comprendre. Elle n’ignore rien des règles ni des codes. Elle débute par une exploration patiente et savante du réel. Mais elle s’autorise aussi à tout interroger. Elle n’a pas peur de l’ailleurs. Elle n’est…

Sous le pavé, la poésie

“Sous la pavé, la plume…” est un blog littéraire édité par l’écrivaine et lectrice assidue Martine Roffinella, qui met en avant des parcours d’auteurs*, permettant dialogues et rencontres, découvertes d’expériences et de styles. En ces temps d’entre-deux, elle a choisi d’ouvrir une parenthèse pré-estivale en créant un pont poétique et de m’y inviter avec la…

Avant, après, avant, après

  Solitude programmée ; Le plein d’espoir Avant, Le déjà souvenir Après. Pendant que Le rêveur repeint La clé de sa condition Des laps collapsent, Battements de moments Qui s’additionnent. Entre deux respirations Le son du vécu Se répercute Comme un uppercut Dans la mémoire du vaincu. Le temps illimité. Solitude déprogrammée ; Le rituel…

La nature entravée

Tiroir-caisse de résonnance Sur front de mer effronté Reprend ses droits de l’homme Superficiels. Le décret fait trembler l’asphalte. Tous aux abris, limicoles ! Écrasé d’angoisse de rater Sa part de plaisir individuel, Le bipède se déploît en grappes Comme s’il possédait ce qu’il foule. La Nature repart en errance Piétinée, violée, hébétée Se heurtant…

À la pointe du poids-son

  Le soudain Sédimente notre sort Redimensionné Au son de la satyre. La poésie pousse le vers Au fond du panier Et le passant lunaire Sous l’osier, de rire. Dispersion assurée Du secret ciselé À la pointe d’un Dimanche ensuqué.    

L’instinct du temps

  L’action pose le temps L’esprit ose l’errance ; L’instinct vit chaque instant Comme une récompense Avant d’explorer l’incertitude Du rêve décompensateur. Rouages ensorceleurs De l’infinie condition ; Le retour n’a aucun sens, L’origine suit son amplitude Sans jamais décider de l’indécence du leurre.

La Nature aux abois

  Que découlera-t-il de ces conjugaisons ardues Entre la biodiversité et la suffisance humaine ? L’osmose entre vivants : indue, ou un dû ? Démasquée par une démondialisation soudaine Voici la Nature redevenue fertile. Hélas, momentanément semble-t-il. Soubresauts de températures entre deux aveuglements Savez-vous, âmes craintives, que rien ne dure ? Aussi long et honteux…