Les rêves vieillissent avec nous

Pessoa a une approche qui m’enchante car elle fait référence au rêve auquel il confère une place centrale, comme le faisait d’ailleurs les Indiens d’Amérique. Ainsi écrit-il : « Vis ta vie. Ne sois pas vécu par elle.
 Dans la vérité et dans l’erreur, dans le plaisir et dans l’ennui, sois ton être véritable. Tu…

Sutton Breiding, surtout poète

Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’un collègue, américain. Le poète G. Sutton Breiding (GSB). Nous nous suivons mutuellement depuis quelques années et je dois dire que ses créations me plaisent beaucoup. Bien sûr, il a un univers à lui bien particulier, mais qui résonne parfois à mon propre chemin de création : sa musique de…

Soufi Saâdi a dit

“Gülistan, le jardin des roses“, un classique que je retrouve entre les mains aujourd’hui. Et nul besoin de gants de jardinier pour y pénétrer. Les roses ici ne piquent pas. Le lecteur a seulement besoin de son cœur et de son âme. Saâdi, poète persan, a beaucoup voyagé, a beaucoup rêvé et beaucoup écrit. Son…

Quelques minutes d’infini

  Dans son recueil “Fragments verticaux” (traduit de l’espagnol par Silvia Baron-Supervielle), Roberto Juarroz présente quatre parties dont il me plaît souvent de relire la deuxième, intitulée “Presque poésie” et qui propose 205 textes. J’ai envie de partager ici les numéros 166 et 167 qui résument assez bien l’ambiguité de toute position artistique, pour peu…

Tragédie grégaire

  Vide-ordures océanique de l’homo erectus Traversé, exploité, en chalut ou pedibus, Depuis la plage, l’usine ou la décharge ouverte. Le but intentionnel semble que la mer soit recouverte. Les particules de plastiques sont le meilleur carburant Dans le processus d’auto-destruction du prédateur vivant. Qui ne voit, qui ne sent, qui n’entend rien, Sourd à…

La couleur et le silence

Hollan se réveille à ma mémoire alors que je trie quelques vieux cartons d’invitation du siècle dernier. Je me souviens avoir vu de ses peintures par trois fois. D’abord dans une galerie du Marais. Hélas, alors que je me faisais une joie intérieure de découvrir cette exposition, à l’intérieur, le silence total nécessaire pour entrer…

Entre deux nourritures célestes

Un dimanche silencieux, Quasi ethéré, entre deux. Alors que mon cerveau intestinal réclame des substances divines, me revient ce livre de cuisine, calé entre deux ustensiles. Alors que mes pupilles remplacent mes papilles avec délice, les pages se tournent entre deux épices… et j’en oublie de manger ! Alors que ma salive reprend ses droits…

Sous la plume, l’enclume

Dans les décombres De nos existences, Des âmes en pénitence Ne dorment jamais, Profitant de la nuit Pour passer l’éponge. Alors le fiasco résonne Du désastre de l’occupant À l’avidité mortifère. Face au champ de l’ego Le chant de l’oiseau détonne, Attendant le sanctuaire. La conscience est légère Dans le sommeil profond, Mais le temps…

L’été des jeux de mots laids

Comment le poète vit-il un été De canicule augmentée ? En attendant la marée montante De l’inspiration nonchalante, Les mots découvrent le loisir Qui font semblant d’écrire. Le Je ramasse les rimes Pour en faire des maximes. Alors arrive le jeu de mots suprême Le jeu de mots laids par excellence Celui à cacher des…

Âme et nagement

Naviguer de telle ou telle façon se dit nagement. Je vois ce “nagement” comme le fait de devoir nager sans avoir le choix, sans ménagement, en suivant les consignes, les flèches, la route balisée ; en s’adaptant de manière obligatoire. Contrairement à la nage où l’on est libre de brasser ce que l’on veut, ce…

La lune brille surtout en juillet

Assise sous la voûte Ma lune attendrissante étincelante éblouissante Au pied de mon regard. Le vent te tourne la tête Et c’est moi qui perds la boule, Les jambes trop lourdes pour te rejoindre Mon cœur admire ta fidélité Ô sœur de joies attristées. Je loue tes nuits d’été Aux désespoirs embastillés, L’ère du Je…

Le ballet de l’aube

Dès potron-minet, à l’heure où les chats dorment encore, Les moineaux déploient un incommensurable ballet de joie. Pour en jouir, il ne faut pas seulement se lever aux aurores, Mais ouvrir le troisième œil, au plus profond de soi. Les échos cuicuitant, les arrêts fréquents, les envols soudains, Autant de ballets auditifs ou visuels jusqu’au…

Mon frère le bambou

  Pouce* dans mon cœur Ô frère végétal. Tantôt souple et comestible Tantôt dur comme un outil, Que ton règne soit béni. De l’eau par dessous, De l’eau par dedans, La vie. Folle de ta force Qui puise et multiplie.     * Certain.e.s comprendront.

Assiégée de rêves

  Entre deux chaises au quotidien Le corps un peu, l’esprit beaucoup, Posture conditionnée par l’intention Jusqu’à la survie. Le rêve se limite seul, Le rêve, c’est respirer une vision. Observer son miroir Observer la branche, Nourrir son cœur d’espoir Que tous les jours soient dimanche. Demain mérite mieux qu’hier Comme le suggère Jean Ziegler…

Certains cadeaux

Cette semaine, une amie bretonne (la même qu’ici), m’a offert un cadeau de Noël : un livre mêlant poésies et reproductions de gravures par la même auteure, Marie-Françoise Hachet-de Salins. C’est le genre de surprise qui mine de rien vous fait découvrir – au travers d’une petite maison d’édition  (L’enfance des arbres) – une forme…

Marché masse

La notion de “marché” est directement reliée à l’idée de commerce, d’achat et de vente. Et par extension de concurrence, de profit, d’exposition… Se montrer, se vendre… (rien que de l’écrire, je ressens le besoin de me laver les mains). Bref, tout ce qui constitue une planète à des années-lumière de l’état d’esprit, de la…