Jeu

Orgie dans l’orgueil du soir Anxiété des heures, juste pour boire, Le cerveau s’évade en plusieurs dimensions, Transperce les espérances. Ô miroir sans reflet, que veux-tu ? Que le jeu se termine dès potron-minet. De la force du rêve surgit l’impatience Créer, vaincre, espérer, le feu est à bord. Il ne devrait jamais y avoir…

Ménagement

L’observation de congénères depuis la hune provoque une désydratation de l’empathie. Les egos portés aux urnes de toutes sortes flambent l’intention de la vie. Croire à la lune quand tout est calme, c’est oublier la force du reptile caché dans l’angoisse de l’âme primitive. Ô aménagements sans fin qui souillent et mon cœur et mes…

La damnée au camélia

Sous le parapluie rose moquette de souvenirs en lambeaux humide et tendre. Le rêve s’agrippe au râteau intense. Le rouge-gorge observe, satisfait, la moisson. L’art brut se saisit du paysage local une saison chasse l’autre ; chaque fois, le vivant reprend ses droits. Le camélia résiste sous nos yeux égarés. Le printemps précoce : jouissance…

Rumeurs de rimes

L’humeur fait sortir les rames, La rumeur en délire écope Des rimes de larmes ; Le rameur s’est établi Pour la rimeuse en syncope, Drame de la prose qui faiblit. Rumeurs en rimes du dimanche Qui tranchent avec l’urgence ; Faisons semblant de rire jaune Devant la montée des hauts profonds Qui fondent de désespoir…

La vie jusqu’à la lie

L’air évaporé Sur l’ère dénaturée, Ou bien le contraire. Moi ? je bois la terre L’air a de la fièvre, C’est l’époque qui erre Dans un esprit mièvre. Moi ? je bois la terre Pendant qu’au dehors Ça vocifère, Je bois la campagne Pour oublier La nouvelle ère Et son sort.

Nuit marine

Cette nuit je réécoutais l’émission de Laure Adler, L’Heure bleue. Quelle bonheur infatigable d’entendre Michel Le Bris. Encore un moment de grâce salé, d’autant plus fort que je connais son terrain de jeu entre Terenez et Saint-Samson, son paysage d’enfance, cette baie de Morlaix au fond de laquelle ma sœur repose aujourd’hui en paix. L’incontournable…

La poésie s’écrit seule

Dans l’ombre de l’heure, l’écrit naufragé s’accroche Quand l’humeur fait chanter le doute de l’âme. Rien ni personne au fond de l’esprit ne doit déranger le chemin. Le poète s’éprend de son envie, espérant vivre seul. La solitude poétique devient l’enjeu du moment, Écartant le réel pathétique pour un univers parallèle.

Urbanoïdes

En ville, le silence est une chimère où l’imaginaire n’a plus toute sa place. Rêver demande de s’extirper du bruit ambiant. Ram-dam urbain d’humanoïdes se dépêchant de vivre, couvrant le son de la nature ; celui du peu d’oiseaux qui s’adaptent avec mérite. Pauvre terre.

Libre

Cette nuit, je relisais le texte de Gao XINGJIAN qu’il avait prononcé lors de la remise de son prix Nobel de littérature. Un propos qui me parle profondément. Il dit notamment, je cite* : “Aujourd’hui, particulièrement, où l’économie de marché envahit tout, les livres sont aussi devenus des produits commerciaux. Sans même parler du cas…

Soir d’été

La récréation est un mythe. À ce propos, un livre de chevet courbaturé Me revient au moment opportun : Chögyam Trungpa qui renverse l’idée de liberté Renvoyant les egos à d’infimes lambeaux. C’est beau la sagesse.